jeudi 22 octobre 2009

Entrainement "koryu" au dojo d'Aikido d'Asnières/Seine.


 Entrainement "koryu" au dojo d'Aikido d'Asnières/Seine




Pierre Simon Iwao et le dôjô Oshinkan remercient le dôjô d'Aikidô d'Asnières et son enseignant Jean-Marc Chamot pour l'accueil chaleureux qui leur a été réservé ainsi que pour la pratique sérieuse et la curiosité bienveillante des pratiquants. Le but de la soirée était de faire comprendre aux aikidoka présents que si dans les koryû une attention soutenue était apportée au travail technique (gihô, "la loi de la technique", le travail externe), l'essentiel était aussi la chair ou l'âme de ce travail technique, c'est à dire le travail interne (shinpô, "la loi du coeur"): ce dernier aspect ne pouvant être développé et ne pouvant aboutir qu'après un indispensable entraînement technique intense et rigoureux modelant le corps et le coeur du pratiquant. Donc la pratique des armes classiques japonaises de longueur différente, loin d'être obsolète, peut conduire l’adepte de disciplines martiales modernes à développer un sens intuitif aigu par la compréhension de l’opportunité d’action (suki 隙), de la distance de combat appropriée (maai 間合), de la vigilance physique et mentale (zanshin 残心) et du rythme (hyôshi 拍子) permettant une entrée efficace (irimi 入身) au moyen d’une attention précise portée au contrôle respiratoire et à la concentration constante portée à l’adversaire.


1- Un grand merci à Jean-Marc Chamot pour son accueil. 2- le salut















3-Les aikidoka d'Asnières. 4- Un public très attentif










5- Travail au bokken: go no sen, sen no sen. 6- kotegatame (1- nikkyô aikidô)











7- kotegatame (2- nikkyô suite). 8- kotegatame (3- nikkyô suite)










9- Échange entre deux enseignants amis de longue date. 10- Pratique intense










11- explications sur kotegatame (4- version kotegaeshi aikidô). 12- katahagaeshi












13- démonstration: tachi awase (naginata versus bokken).

lundi 5 octobre 2009

Sur les traces de Matsuo Bashô 松尾芭蕉 (1644-1694)






Sur les traces de Matsuo Bashô 松尾芭蕉 (1644-1694)


par Simon Pierre Iwao



Ce qui suit est tiré d’un certain nombre de « sorties » culturelles réalisées au Japon depuis 2003 dans le but de mettre en images (photographies et vidéos) pour les calligraphes du dôjô Oshinkan un certain nombre de sites fameux et d’anciens chemins (kodô 古道 ou kaidô 街道) sillonnant le Japon à l’époque Tokugawa (1603-1867) et dont certains ont été parcourus par le poète Matsuo Bashô au XVIIe siècle.

Déjà à l’époque de l empereur Sujin 崇神天皇 ( 97-30 avant notre ère), il est rapporté l’existence de kandô 宮道, routes officielles établies et réparées avec les deniers de l’état et passant par la cour du Yamato(1) . Le plus ancien chemin historique dont on trouve trace dans les premières chroniques japonaises, telles le Kojiki(2) et le Nihonshoki(3) , était appelé yamabe no michi 山辺の道, « chemin de voisinage de montagnes ». Long de 35 kilomètres, partant de Nara, sa plus ancienne partie passe au pied du mont Miwa où se trouve le plus vieux sanctuaire du Japon, Ômiwajinja 大神神社. De nos jours ce « chemin » est toujours très fréquenté par les amateurs de sites historiques. En général, nous pouvons dire que les plus anciens chemins sont appelés kodô ou kyûdô 旧道, « anciennes routes » et qu’ils étaient très fréquentés comme chemins de pèlerinage sankeidô 参詣道, tel le Kumamo kodô 熊野古道 ou « ancienne route de Kumano » qui menait au sanctuaire Hongu Taisha établit par le dixième empereur Sujin au sud de la péninsule de Kii. D’abord initiés par les empereurs, la cour impériale et les guerriers, ces pèlerinages eurent rapidement les faveurs du peuple japonais et les beaux jours de ces pérégrinations religieuses eurent leur apogée entre le Xe et XIIe siècle. À l’époque Tokugawa (Edojidai, 1603-1867), l’essor économique du Japon suscita l’ouverture de nouvelles routes, appelées kaidô, « grande route, route de villes », qui permirent au gouvernement des shôgun de contrôler très activement la circulation des voyageurs. Le gouvernement des Tokugawa établit ainsi les gokaidô 五街道, les « Cinq grandes routes » (4) qui sillonnaient les provinces du Japon et aboutissaient à Nihon Bashi (le « Pont du Japon ») à Edo (actuelle Tôkyô). Les plus connues parmi ces routes sont la tôkaidô 東海道 (« Voie de la mer orientale ») et la nakasendô 中仙道 (« Voie de l’intérieur des montagnes »), conduisant toutes les deux de Kyôto à Edo, la première suivant une route côtière de 500 kilomètres le long de l’Océan Pacifique, la seconde empruntant l’intérieur montagneux des terres. Ces deux voies commerçantes et leurs shukubamachi 宿場町, « étapes », ont été immortalisées par les estampes (ukiyo-e 浮世絵, « scènes du monde flottant ») du peintre du XIXe siècle Utagawa Ando Hiroshige(1797-1858).

Matsuo Munefusa (1644-1694), poète né à Ueno dans l’actuel département de Mie (ancienne province de Iga). Après avoir servi quelque temps comme samurai, part s’installer à Edo en 1672. Il adopte dès 1681 le pseudonyme littéraire de Bashô. Il est considéré comme le maître incontesté du genre poétique appelé haikai 俳諧 (composition de 3 vers de 5, 7 et 5 syllabes). Sa théorie du fueki ryûkô 不易流行 (la permanence dans l’impermanent, ou « ce qui ne change pas dans ce qui change ») marque son œuvre surtout à partir de « La Sente étroite du Bout du monde » Oku no hosomichi 奥の細道, lui donnant une portée esthétique épurée, à la fois près des sensations et détachée du monde, élevant le Haikai à un genre littéraire à part entière.


(1) Centre historique du vieux Japon (actuel département de Nara).
(2) Kojiki 古事記, « Recueil des choses anciennes », premières chroniques historiques japonaises, compilation faite en 711-712 de notre ère, sur l’ordre de l’impératrice Genmei (661-721).
(3) Nihonshoki 日本書紀 ou Nihonki 日本紀, « Anciennes chroniques du Japon » rédigées en 720.
(4) Tokaidô 東海道, 514 km / Nakasendô 中仙道, 542 km / Nikkôkaidô 日光街道, 146 km de Nikkô à Edo / Kôshûkaidô 甲州街道, 139 km de Kôfu (ville du département de Yamanashi) à Edo / Ôshûkaidô 奥州街道, 786 km de Edo à Aomori au nord du Japon.