lundi 22 juillet 2013

Stage de calligraphie japonaise, été 2013





Stage de calligraphie japonaise

été 2013

la « Calligraphie en composition libre »

Chirashigaki 散らし書き




Le stage d’été de calligraphie japonaise animé par Claire Seika s’est tenu à Oshinkan du 30 juin au 5 juillet. La « Calligraphie en composition libre » (Chirashigaki, 散らし書き) a été abordée à partir de trois manuscrits datant du Xe et XIe siècles se présentant sous forme de fragments calligraphiés sur feuille de format carré nommé Shikishi, 色紙. Les participants ont calligraphié d’après une sélection de manuscrits et ont ainsi appris à apprécier les principes de la composition libre.

Le programme du stage comprenait l’apprentissage des signes phonétiques (Kana, 仮名) et de leurs variantes (Hentaigana, 変体仮名 et Sôgana, 草仮名), l’étude des idéogrammes en style cursif (Sôsho, 草書), ainsi que la calligraphie des liaisons entre les signes en colonne, enfin, la composition de ces différents éléments sur la page. La pratique était complétée en soirée par des cours théoriques portant sur l’histoire de la « Calligraphie de style japonais » (Wayô, 和様) et sur les anciens fragments de « Calligraphie en composition libre » (Chirashigaki, 散らし書き).

Certains stagiaires étudient la calligraphie depuis vingt ans, d’autres depuis deux ou trois ans seulement : tous ont réussi au cours du stage à rendre l’effet de la « Calligraphie en composition libre » en suivant la méthode d’apprentissage de la calligraphie d’après manuscrit.

Les photographies ci-dessous présentent les calligraphies réalisées par Claire Seika durant le stage. Elles offrent un échantillon de composition libre d’après les trois manuscrits étudiés en stage : Sunshôan Shikishi (寸松庵色紙), Tsugi Shikishi (継色紙) et Masu Shikishi (升色紙).






秋の夜は
つゆこそことに
わびしけれ
くさむらごとに
つゆ(むし)のわぶれば

Nuit d’automne
La rosée vraiment

Semble froide
Et dans chaque touffe d’herbe
Les insectes chantent avec tristesse
(Kokinshû, 199)


おく山に
もみじふみわけ
なくしかの
こえきくときぞ
あきはかなしき

Dans les montagnes profondes
Se frayant un chemin dans les feuilles mortes
Lorsqu’on entend
Le brame du cerf
L’automne est triste
(Kokinshû, 215)


めずらしき
こえならなくに
ほととぎす
ここらのとしの
あかずもあるかな

Son chant pourtant
N’est point rare
Le coucou
Mais chaque année
Je ne m’en lasse pas
(Kokinshû, 359)


きみおきて
あたしこころを
わがもたば
すえの松山
なみもこえなむ


Si je te laissais
Et t’étais
Infidèle
Alors les vagues atteindraient le sommet
De la montagne lointaine des pins
(Kokinshû, 1093)

 
はるゆきのふるひ

かきくもり
ふゆにおくれて
ふるゆきの
はるともみえて
今日くらしつつ

Au printemps, un jour où tombe la neige.

Le ciel s’assombrit
En retard pour l’hiver
Ce printemps
Tombe la neige
Et je passe le jour à la regarder tomber
(Fukayabushû)


 かみないのやますぎてたつたがわをわたるにもみじのながるるをみて

 かみないの
 やまをすぎゆく
 あきなれば
 たつたがわにぞ
 ぬさはかずける

En passant par la montagne où séjourne la divinité, au moment de traverser la rivière Tatsuta
je vois des feuilles rouges couler sur l’eau.

À l’automne
Au delà de la montagne
Où séjourne la divinité
La rivière Tatsuta
Est recouverte d’une offrande de brocard

(Kokinshû, 300)



Rinsho, 臨書, calligraphie d'après manuscrit